Trois semaines. Trois semaines que je ne dors plus. Trois semaines que je ne mange plus, que je ne sors plus, que je ne respire plus. Trois semaines déjà, Trois semaines seulement. Trois semaines en suspens. Vides de sens, de mots et de sentiments. Trois semaines que je n'y pense plus, Trois semaines que j'y pense chaque seconde. Trois semaines durant lesquelles je ne comprenais plus, durant lesquelles j'ai compris que je n'oublierai pas. Déjà trois semaines que m'a quitté, en même temps que toute envie de vivre, cette angoisse si imperceptible mais si présente que laisse planer sans cesse un avenir incertain. Je n'ai plus d'avenir, Matteo. Déjà trois semaines que le temps s'est arrêté, a défilé, s'est suspendu, que la Terre s'est bloquée, que le monde a continué, oubliant de m'emporter dans son élan de vie frénétique. Je ne supporte plus leurs regards teintés de fausse tristesse, de compassion hypocrite, de sympathie forcée. Tout m'irrite, leurs yeux, leurs bouches. Si au moins le monde daignait se plonger dans un mutisme infernal ... Mais leurs mots Matteo, si tu entendais leurs mots, leurs phrases, leurs élans de gentillesse. J'exècre leurs sourires encourageants, leurs baisers, leur tendresse. Je ne veux pas de ça Matteo. Non je ne veux plus. Subir ces attentions qui ne font que m'enfoncer au plus profond de moi. Tout leur amour me brise plus qu'un millier d'insultes. Non Matteo, je n'en veux plus, je n'en peux plus. J'ai plongé le peu d'âme qui restait de moi dans un univers glacé et morbide, dont je ne veux en aucun cas me libérer. C'est ma réponse Matteo. C'est ma réponse. Ma réponse à ton absence que je ne peux me résoudre à accepter. Tout mais pas ça. On s'était dit « Ensemble », pas vrai ? Oh non Matteo, Reviens-moi. Je vomis sur ce qu'ils persistent à appeler ma vie. Ils n'auront donc jamais compris Matteo, non jamais. Ils ne comprennent pas que ma fin c'est ça. Que je ne me relèverai pas, que je ne tenterai pas, que je ne veux pas de tout ça. Oh Matteo ! Ils s'acharnent, ne me laisseront-ils donc jamais de répit ? Je ne recommencerai pas, non ... Je n'avais qu'un moteur, qu'un corps, qu'un souffle, qu'un c½ur, qu'une vie, ... Tout est fini Matteo ! Ils n'y croyaient pas. Toi seul savais que l'un sans l'autre ça ne s'imaginait même pas. Oh mon amour. Oh Matteo, j'ai le mal de toi, j'ai le mal de ça. Je ne vivais que pour ça. Je ne vivais que pour Nous. Je ne pleure pas Matteo, non je ne pleure pas. J'ai le c½ur bien trop vide de toi. & Ceux qui croyaient qu'on s'étouffer n'ont jamais compris que c'était ça mon unique bouffée d'air. Je ne veux rien d'autre Matteo. J'ai ton regard dans la tête, ton prénom dans les yeux, tes baisers sur les lèvres. Mes sens crient à l'unisson Matteo ! Ça ne sort plus, tout ce que j'ai mal. Mon amour, j'ai si mal ... Mon corps ne m'appartient plus, ma peau suinte de trop d'amour. Oh Matteo, je n'en peux plus, non mon amour je n'en peux vraiment plus ... Je ne suis plus .